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La Rose Blanche d’Inge Scholl

La Rose Blanche d'Inge Scholl

Inge Scholl est la sœur d’Hans et Sophie, les fameux frères et sœurs allemands, à l’origine du mouvement de résistance la Rose Blanche, qui furent exécutés pendant la Deuxième Guerre Mondiale.

Elle parle de leur enthousiasme, à prime abord envers ce gouvernement qui promettait du pain et du bonheur à tous et de redorer le blason de l’Allemagne après les années de souffrance et de misère qui ont suivi le Traité de Versailles en 1918.

Elle se rappelle leur entrée dans les jeunesses hitlériennes et l’inquiétude de leur père, qui les mettait en garde contre ce parti qui selon lui, les trompait et mentait au peuple pour mieux régner.

Puis vient le temps des désillusions, des histoires inquiétantes et des premières lois injustes envers les Juifs. Dès lors, le jeune Hans va basculer, se rendant compte de la supercherie dans laquelle le peuple allemand est tombé ou plutôt s’est laissé embarquer.

Quelques mois plus tard, il apprend l’emprisonnement de son père, alors qu’il combat sur le front russe avec son frère, pour avoir comparé « le führer au pire fléau de l’humanité » devant l’une de ses employés.

Au fur et à mesure, il est indigné, choqué, puis ébranlé au plus profond de lui-même par ce gouvernement qui est en train de conduire le peuple allemand à la folie meurtrière et au déshonneur. Et déchiré, il envisage désormais de se battre contre son propre pays et souhaiter que l’Allemagne perde la guerre.

Très vite, il rencontre d’autres jeunes garçons, étudiants en médecine, férus comme lui de philosophie et de poésie, avec lesquels il entreprend d’écrire des tracts.

Rejoint par sa petite sœur, ce groupe forme la Rose Blanche, qui va chercher à tout prix à sortir leurs compatriotes de leur aveuglement, mettant chacun devant ses responsabilités.

Au sein de leur université, tout d’abord, puis en parcourant les villes allemandes, ils clament enfin ce que des millions d’Allemands ont dans le cœur.

Conscients du danger qu’ils encourent, mais habités d’une foi tenace, ils vont mener leur combat contre Hitler. Ils ne peuvent désormais plus se taire sans être complices et coupables des crimes atroces qui sont en train d’être perpétrés.

Un jour, alors qu’Hans et Sophie sont en train de lâcher des tracts dans leur université, le concierge les aperçoit et donne l’ordre de fermer les portes. Le piège se referme alors sur eux. Ils sont emmenés en prison, subissent des interrogatoires afin de donner des noms; mais bien décidés à prendre toute la responsabilité sur leurs épaules afin d’éviter la mort à leurs amis, ils n’en lâcheront aucun.

Malheureusement, les autorités, qui comptent faire un exemple de ces jeunes résistants, réussissent à les obtenir, et après un procès express, les condamne.

Hans et Sophie ainsi qu’une partie de leurs amis sont exécutés à la hache, le 22 février 1943; les autres membres de la Rose Blanche, quelques mois plus tard.

Ce livre est bouleversant. Tout d’abord parce qu’il est écrit par leur grande sœur, tout en pudeur. Mais également, parce qu’on est admiratif devant ces deux jeunes, leur sang froid, leur droiture, leur foi qui les porte jusque dans cette épreuve de la prison et de leur exécution.

Les tracts qu’ils ont écrits sont absolument magnifiques. Ils y brandissent leur espoir et leur foi en l’homme contre la destruction et le mal. Et l’on se prend à rêver qu’ils aient été entendu et que le peuple allemand se soit soulevé…

C’est un hommage à la résistance allemande dont on parle peu et à tous ceux qui ont essayé, à leur échelle de résister et dont on ne connaîtra peut-être jamais les noms. Mais grâce à qui, même dans les pires moments de l’Histoire, l’humanité reste debout.

La Rose Blanche est un exemple pour les jeunes générations tout comme pour tous ceux qui se battent aujourd’hui encore pour la démocratie et la Paix entre les peuples.

Ce livre est à lire absolument.

 

La Rose Blanche d’Inge Scholl aux Editions de Minuit

 


Morceaux choisis :

« La maison du vieillard était fréquentée par des poètes, des savants, des philosophes et Hans en les écoutant voyait s’ouvrir devant lui des centaines de portes sur le monde de l’esprit. »

« Il constata aussi qu’ils vivaient dans cet univers de contrainte comme des plantes enfermées ; qu’il étaient tous emplis du désir de pouvoir à nouveau respirer et créer librement, être enfin eux-mêmes. »

« Notre devoir (…) sera de crier la vérité aussi clairement et aussi haut que possible. Nous devons essayer d’attiser cette volonté de résistance qui couve dans des millions de cœurs allemands, et de la dresser, fière et violente, contre tout asservissement. »

« La fin sera atroce, mais si terrible qu’elle doive être, elle est moins redoutable qu’une atrocité sans fin. »

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