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Ma librairie » Critiques, ★★★★☆ - À lire » Paola de Vita Sackville-West

Paola de Vita Sackville-West

Paola de Vita Sackville-West
Un homme d’une cinquantaine d’années doit retourner dans la vallée de son enfance, en Ecosse, pour l’enterrement de son oncle.
Cela fait vingt-cinq ans qu’il a quitté cet endroit qu’il croyait exécrer et qu’il habite à Londres.
Mais, une fois sur place, il réalise à quel point, il y est attaché et que ses couleurs, ses odeurs et son ciel, font partie de lui…
Dans cette demeure où le temps semble s’être arrêté et où les minutes paraissent des heures, c’est à une bien étrange réunion de famille à laquelle Gervase, le narrateur, va être convié.

Avec d’un côté, le peu avenant Austen, le fils aîné de son oncle, futur hériter de La Grange, qui entretient une relation avec Rachel, la femme de l’un de ses cousins ; et de l’autre, la troublante et enivrante Paola, la fille que son oncle eut avec sa seconde femme, une Italienne du sud, qu’il considère comme une paysanne.
Il va tour à tour être attiré, révulsé et épouvanté par cette femme, dont il devine la cruauté et la froideur, et qui traite son frère Mickael qui en est fou amoureux, avec le plus grand mépris.
Peu à peu, une ambiance lourde de sous-entendus et de secrets va s’installer entre les protagonistes et la tension ne va pas arrêter de monter pendant ces deux jours où l’on devine les jalousies et les mesquineries tapies dans les cœurs et les enjeux qui se trament.
Jusqu’au moment tant attendu par les deux intéressés, la lecture du testament par le notaire, qui va donner lieu à un coup de théâtre et à un drame…
Un roman court mais intense qui nous plonge dans un univers, digne des sœurs Brontë où le ciel bas et bruineux ajoute à l’atmosphère et au suspense.
Cette nouvelle, servie par une écriture d’une finesse et d’une précision extraordinaire, est d’une grande force et se lit d’une traite !
À travers ce récit, l’écrivaine nous livre une partie de sa propre histoire qui l’a meurtrie, en effet, elle fut victime de la loi anglaise qui interdit aux femmes d’hériter et c’est ainsi que le château familial ne put être en sa possession. C’est une belle revanche qu’elle nous offre par sa plume…

Morceaux choisis :

En les écoutant me prescrire ce programme, je réalisai à quel point le ressentiment que l’on éprouve envers les liens familiaux est au moins aussi fort que ce qui les a construits.

Je suis sûr que si j’avais pu pénétré au cœur de l’esprit de mon cousin, de mon oncle, de mon frère, j’aurais pu y observer le même décor, les mêmes senteurs, les mêmes silhouettes, les mêmes formes, volumes, proportions qu’en vagabondant dans mon propre cerveau…

Paola de Vita Sackville-West chez Autrement

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Catégories: Critiques, ★★★★☆ - À lire

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