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La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel

La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel
Dans une ville inconnue, débarque un vieil homme sur un bateau. C’est un rescapé.
On ne sait pas de quel pays il vient, mais l’on devine que c’est d’Asie. Comme des milliers d’autres personnes, ils sont des réfugiés. Ils fuient un pays en guerre.
Monsieur Linh y a tout perdu, sa maison, ses amis, son fils et sa belle-fille. Heureusement, il a avec lui sa petite-fille, Sang diû.
Elle est sage, elle n’a que quelques mois. Il en prend soin, la nourrit, l’habille, lui parle, la berce contre son cœur.

Elle est son unique réconfort dans ce lieu inconnu où des hommes et des femmes marchent très vite, parlent une langue et mangent une nourriture qu’il ne connaît pas.
Un jour, alors qu’il s’est assis sur un banc pour se reposer, il fait la connaissance de Monsieur Bark avec qui, sans jamais se comprendre, il va se lier d’amitié.
Ce gros homme qui est également blessé par la vie lui parle de sa femme disparue, du manège qu’elle tenait et de la joie qu’elle apportait aux enfants.
Au fur et à mesure, une relation va se tisser entre les deux hommes. Et sans saisir les mots de l’autre, ils vont pourtant avoir besoin de retrouver sa voix, son sourire, son regard et ses gestes…
Pour Monsieur Linh qui est seul dans cette immense ville qu’on imagine être New-York, cet homme devient un point d’ancrage dans cette nouvelle vie.
La petite fille de Monsieur Linh est un très joli roman. Dans une belle prose, Philippe Claudel dépeint des gens blessés qui vont réapprendre à croire dans la vie.
Avec douceur et lenteur, il nous emmène dans cette histoire émouvante où l’espoir peut renaître même quand on ne l’attend plus.
À mettre entre toutes les mains !

Morceaux choisis :

Elle ressemblait à ce qu’elle était devenue : une folle vieille et épuisée, qui parlait à la mer et qu’il avait fallu prendre par la main pour la ramener jusqu’au village, et durant tout le voyage elle avait psalmodié des malédictions et des vœux, croyant voir dans les paysannes rencontrées des nymphes et dans les paysans courbés sous les palanches des mauvais génies.

Parfois il s’interrompt un long moment, comme s’il allait chercher les mots très loin en lui et qu’il avait peine à les trouver.

Mais au moins, il vivait encore dans la musique des mots de son pays, dans leur belle mélopée aiguë et nasillarde.

On ne peut jamais s’envoler vers ce qu’on a perdu, songe alors Monsieur Linh.

Le temps passe et creuse en lui un vide douloureux.

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