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Ma librairie » Critiques, ★☆☆☆☆ - À éviter » Dublinesca de Enrique Vila-Matas

Dublinesca de Enrique Vila-Matas

Dublinesca de Enrique Vila-MatasUn ex-éditeur, ex-alcoolique maintenant à la retraite s’embête dans sa villa natale de Barcelone.

Il aimerait savoir dans le fond qui il était avant de devenir cet éditeur. Pour lui, son métier et le catalogue de livres qu’il a constitués tout au long de ses années ont englouti sa personnalité. Et il fait le désolant constat, qu’à 60 ans, il ne se connaît pas.

Convaincu que les auteurs lui doivent tout, il a du mal à accepter son nouveau statut de retraité où ses ex-amis semblent l’avoir complètement oublié. Son plus grand regret ? Celui de ne pas avoir dégôté l’auteur de génie…

Avant, lorsqu’il buvait, il disait tout ce qui lui passait par la tête, ce qui lui valait quelques difficultés avec les autres… Aujourd’hui, il se tait et garde tout pour lui. Mais, depuis qu’il ne boit plus, il se rend compte combien la vie est ennuyeuse.

Tous les mercredis, il rend visite à ses parents jusqu’au jour où il se rend compte qu’il n’a plus rien à leur raconter. Son dernier voyage à Lyon, il l’a passé enfermé dans une chambre d’hôtel à écrire un manuel de littérature.

Du coup, pour pallier au manque d’intérêt de sa vie, il leur parle de son prochain voyage fictif à Dublin où il est invité pour faire une conférence sur la fin de l’ère Gutenberg.

Évidemment, il n’a pas osé dire à ses parents, car il est toujours comme un enfant face à eux, qu’il n’était plus éditeur et plus invité partout.

Mais il invente cette histoire de conférence et à force d’en parler, il finit par se convaincre qu’il doit vraiment aller à Dublin pour faire l’enterrement de l’ère Gutenberg. Cet événement aura lieu le 16 juin, jour du 61e anniversaire de mariage de ses parents, mais aussi où se déroule l’action de Ulysse, roman de son auteur favori James Joyce.

Dès lors, il n’aura qu’une hâte, « faire le grand saut anglais » et réussir à motiver ses amis les plus proches, la plupart des écrivains qu’il a édités ou des critiques littéraires afin qu’ils l’accompagnent dans ce voyage.

Tout au long du récit, le personnage principal, Samuel Riba : cynique, mais surtout loufoque et insomniaque fait revenir des phrases de romans et des citations d’auteurs qu’il a aimés, comme Gracq ou Beckett ou qu’il a publiés, pour pimenter son quotidien.

Et bien qu’il fasse tout pour que sa vie ne soit pas intéressante et ne puisse donner matière à un roman. Il lui arrive, malgré tout, des choses dignes d’un roman…

Dublinesca de Enrique Vila-Matas aux Editions Christian Bourgois


Morceaux choisis :

« Jusqu’au moment où il comprit qu’il était absurde de se comporter comme certaines personnes dont parle Proust : « comme ceux qui partent en voyage pour voir de leurs yeux une cite désirée et s’imaginent qu’on peut goûter dans une réalité le charme du songe. »

«  Lire et écrire exigent les mêmes qualités. Les écrivains passent à côté des lecteurs, mais le contraire est aussi vrai, les lecteurs passent à côté des écrivains quand ils ne cherchent en eux que la confirmation que le monde est comme ils le voient… »

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