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Ma librairie » Critiques, ★☆☆☆☆ - À éviter » La Carte et le Territoire de Michel Houellebecq

La Carte et le Territoire de Michel Houellebecq

La Carte et le Territoire de Michel HouellebecqC’est l’histoire d’un homme, Jed Martin qui fait ses débuts d’artiste, en tant que photographe, avant de devenir peintre et dont le succès devient international.

Il a un jour une révélation, en voyant une carte Michelin. Dès lors, il va les photographier sous toutes les coutures jusqu’à ce que son travail soit repéré par l’entreprise elle-même qui va décider de le promouvoir, et en même temps qu’il devient connu, profiter de son succès et vendre des milliers de cartes.

Au-delà de ça, c’est l’histoire d’un homme solitaire que peu de choses intéressent, en tous cas, sûrement pas les relations humaines. La seule personne qu’il voit dans son existence est son père vieillissant. Sa mère, elle, s’est suicidée lorsqu’il était encore enfant.

Il y a bien Olga, la belle Russe, qui s’occupe de la Communication de Michelin avec qui il va entretenir une liaison, mais il ne cherchera même pas à la revoir le jour où elle sera mutée.

Jusqu’au jour où il va rencontrer l’auteur Michel Houellebecq, le seul être qui va éveiller en lui un quelconque intérêt pour la nature humaine.

Ils vont être amenés à se voir quelques fois, une première afin que l’écrivain écrive un texte sur le travail de Jed et une seconde pour que ce dernier lui apporte le portrait qu’il a fait de lui en guise de remerciement.

Tour à tour, drôle, caustique, acerbe et mordant, Michel Houellebecq s’amuse à se mettre en scène, n’hésitant pas à se qualifier de « vieille tortue malade », qui ne mange que du chorizo en buvant du vin chilien et en se grattant, et à même imaginer sa mort et qui plus est, un assassinat.

À la fois vulgaire et anticlérical, il dresse un portrait au vitriol du petit milieu artistique, littéraire et des médias parisiens où l’on croise Beigbeder et Jean-Pierre Pernault.

L’auteur oscille entre ironie, autodérision et aigreur avant de déverser sa vision désabusée du monde et de l’homme.

Ce livre, le cinquième de l’auteur, qui apparaît moins polémique que les précédents, vient de recevoir le Prix Goncourt.

La carte et le territoire de Michel Houellebecq chez Flammarion

Voir l’article And the winner is… Michel Houellebecq


Morceaux choisis:

« Je n’étais pas absolument heureux , à tous points de vue, dans la vie, mais au moins j’avais cela : je pouvais, à intervalles réguliers, racheter une paire de mes chaussures préférées. C’est peu mais c’est beaucoup, surtout quand on a une vie intime assez pauvre. »

« Depuis quelques temps déjà, l’illustre écrivain avait contracté cette manie d’employer des mots bizarres, parfois désuets ou franchement impropres, quand ce n’étaient pas des néologismes enfantins à la manière du capitaine Haddock. Ses rares amis restants, comme ses éditeurs,  lui passaient cette faiblesse comme on passe à peu près tout à un vieux décadent fatigué. »

« Oui, d’après tout ce qu’il savait des femmes, il paraissait probable que certaines d’entre elles aient pu s’éprendre de ce débris torturé qui dodelinait maintenant de la tête devant lui en dévorant des tranches de pâté de campagne, manifestement devenu indifférent à tout ce qui pouvait s’apparenter à une relation amoureuse, et vraisemblablement aussi à toute relation humaine. »

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