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Un écrivain peut-il écrire la suite du roman d’un autre ?

Robert Louis StevensonL’écrivain Michel le Bris vient d’écrire la fin d’un roman inachevé de Robert Louis Stevenson, le célèbre auteur de L’île au trésor.

Le 31 mai prochain, sortira en librairie, un roman posthume de Robert Louis Stevenson, intitulé par les Éditions Gallimard, La Malle en cuir ou la société idéale.
Mais au-delà de la parution de cette œuvre, plus d’un siècle après la mort de l’écrivain écossais, cette version du livre s’est vue affublée d’une fin, alors qu’il n’en possédait pas. En effet, ce roman, le premier de l’auteur, commencé en 1877, ne fut jamais achevé.

Alors comment se fait-il que Michel Le Bris ait pu écrire les chapitres manquants ? Parce qu’il a eu la chance de retrouver le manuscrit original dans une bibliothèque aux États-Unis ?

La question est de savoir si l’auteur ne se retournerait pas dans sa tombe à l’idée qu’un écrivain, qui plus est d’origine française, ait osé l’impensable, en reprenant l’un de ses manuscrits, commencé il y a plus de 130 ans, en le dotant d’une fin et d’un style qu’il n’aurait sûrement jamais imaginés…

Car il paraît en effet peut probable qu’un écrivain du XIXe et du XXIe siècle puissent penser et s’exprimer de la même manière ; sans parler de la violation de l’intimité de l’auteur, car l’écriture touche au plus intime, et donc au plus sacré de chacun.

Même si Michel le Bris est un grand connaisseur de l’œuvre de Stevenson, cela n’est pas une raison pour lui permettre d’écrire la suite de ce roman car il n’en est pas l’auteur. Sinon, toutes les œuvres inachevées des écrivains célèbres pourraient être revisitées par des écrivains contemporains…

Mais le plus fou, c’est que cette pratique appliquée à la peinture, par exemple, serait un non-sens. En effet, qui oserait continuer les traits d’un tableau inachevé de Monet ou de De Vinci ?

De plus, ne faut-il pas respecter la volonté de l’auteur qui a décidé de ne jamais terminer ce livre? De quel droit, un siècle après sa mort, écrirait-on la fin de l’histoire ?

Cela ressemble aux exercices de style du collège, où pour stimuler notre imagination, l’on nous demandait de continuer l’histoire d’un roman célèbre…

Encore une fois, ce n’est pas parce que l’œuvre d’un auteur tombe dans le domaine public que les éditeurs sont autorisés à en faire ce qu’ils veulent. Les éditeurs devraient avoir le devoir moral de protéger notre patrimoine littéraire et non de le saccager…

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