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Beigbeder fustige la dématérialisation

Hier matin, dans l’émission de Nikos Aliagas, sur Europe 1, Frédéric Beigbeder s’en est pris à la dématérialisation des objets culturels.

Premier bilan apres l'apocalypse de Begbeider
À l’occasion de la sortie de son essai, Premier bilan après l’apocalypse, paru chez Grasset, l’auteur et critique littéraire a dit tout fort ce que beaucoup pensent tout bas.
Invité dans l’émission people d’Europe 1, Frédéric Beigbeder s’en est pris au numérique qu’il compare à l’Apocalypse.
« Quand je dis que le livre sur papier est menacé par le livre numérique. Tout le monde me sort un couplet progressiste et scientiste, comme quoi les écrans c’est merveilleux.

Non, les écrans, ce n’est pas merveilleux, c’est effrayant et on l’a vu déjà pour l’industrie du disque : il n’y a plus de disquaire ! Voilà ce qui va se passer les gars, dans 5 à 10 ans, non seulement la disparition de cet objet qui avait six siècles et qui nous a donné le roman moderne, mais aussi la fermeture des librairies, des maisons d’édition, des suppléments littéraires dans les journaux… »

En effet, bien que l’on ne puisse nier et lutter contre les atouts indéniables du livre numérique, la possibilité d’en stocker des milliers dans une tablette, le fait que l’on puisse agrandir la police pour ceux qui ont du mal à voir, directement cliquer sur les mots que l’on ne connaît pas ou chercher des informations sur les auteurs…
La disparition du livre en tant qu’objet est une menace bien réelle et dont il faut s’inquiéter. Telle une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, les libraires risquent de vivre la même descente aux enfers que les disquaires…

Car malgré tous les avantages du livre numérique, le bonheur de lire un livre, le toucher, sentir son odeur s’il est vieux, voir son papier jaunir avec le temps, corner les pages qui nous intéressent sont des charmes inoxydables qui vont se perdre.
Oui, l’objet a son importance. Découvrir dans les bibliothèques de famille que tel livre a été acheté par notre grand-père à Budapest, en 1950, tel autre, par notre mère, sur les quais de Seine, à Paris, en 1970…
Car un livre comme tout objet a une histoire, et c’est cela aussi que l’on transmet lorsque l’on offre un livre à quelqu’un ; qu’il le garde, qu’il l’annote… L’objet donne du sens.
Mais comme cette évolution est inévitable et déjà bien avancée. Il faut sûrement prendre conscience de ce qui se joue sous nos yeux, et de ce que nous allons perdre. Nous allons troquer l’héritage, la transmission et le réel contre la technologie, la praticité, et l’immatériel.
Même s’il faut aussi savoir regarder le positif et jouir du « progrès ». Il faut quand même admettre qu’un livre numérique est incolore, inodore et n’a aucune saveur. Il vient d’une machine et il y reste. Une fois que l’on a lu notre livre, on ne peut pas l’avoir chez soit, le garder, rouvrir une page qui nous a particulièrement marqué, le prêter à un autre, le donner, le transmettre à nos enfants.
Car si tout le monde n’a pas cet amour du livre, il va souvent quand même de pair avec l’amour de la lecture et de la littérature. Alors, préservons-le!

Voir la vidéo sur:
http://www.igeneration.fr/itunes/quand-frederic-beigbeder-s-attaque-la-dematerialisation-59742

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